"L'Endocentrisme"

"L'Endocentrisme"






Martin Massonsa wa Massonsa :
« Le professeur Kotto Essome a laissé au monde une pensée fondamentale qui s'appelle l'endocentrisme »



S'il est de penseurs qui ont laissé un important héritage au monde, le professeur Kotto Essome en est un. « Maître Kotto Essome nous a légué une pensée fondamentale qui s'appelle endocentrisme », a déclaré d'entrée Martin Massonsa wa Massonsa, son disciple. Monument de la pensée africaine, il a passé toute sa vie en s'interrogeant constamment sur la vision du monde des autres, et de l'Afrique. « Lorsque le professeur Essome est rentré dans le tréfonds, c'est-à-dire dans le souterrain de la culture africaine, il a découvert que l'Afrique a une vision du monde qu'elle a donnée au monde », a-t-il révélé. Interview avec M. Massonsa wa Massona. Il dirige le Centre d'études et de recherches sur les valeurs africaines, à Kinshasa.

Vous êtes parmi les disciples de Kotto Essome, un grand penseur qui a laissé un important héritage à l'Afrique. Comment l'avez-vous connu?

Merci beaucoup pour l'occasion que vous m'offrez de pouvoir parler enfin de notre maître Kotto Essome. Nous nous sommes connus à Paris, il y a trente ans de cela. Il était professeur à l'Université de Jussieu. J'étais chargé de cours à l'université de Paris XXII. Nos chemins se sont croisés à la suite d'une conjonction de faits. Spécialiste des questions de transports, je me suis rendu à Londres pour présenter une communication dans le cadre de différentes communications de cherchers au niveau mondial. Ma communication a été acceptée par le Comité scientifique mondial.
C'est ce qui m'avait permis d'aller à Londres pour exposer mon travail sur le système géométrisé de transports en Afrique, en particulier le cas du Congo, à l'époque Zaïre. Je voudrais rappeler que c'est là aussi que j'avais été primé comme consultant, comme expert en matière de transports.

De retour de Londres, j'ai rencontré un ami qui m'a parlé du professeur Kotto Essome. C'était en 1978. Deux ans plus tard, en 1980, lorsque j'ai rencontré le professeur, il venait de publier « L'Afrique ou l'identité perdue ». Mon ami qui était un économiste – il travaillait à l'Ins, Institut national de statistique de France – m'a convié à une conférence du professeur Kotto Essome à Montparnasse. Nous nous y sommes rendus et j'étais vraiment fasciné par la profondeur du travail présenté par le professeur Kotto Essome. C'était dans la lignée du professeur Cheik Anta Diop, un autre maître qui avait aussi publié beaucoup dans le domaine intéressant particulièrement la réappropriation par les Africains de leur identité et de leur dignité...

Mais, comment l'avez-vous connu, lui qui était Camerounais ?

Vous me dites qu'il est Camerounais, mais je vous réponds que c'est un Africain. C'est à ce titre-là que je l'ai connu.

Vous savez que Paris constitue le carrefour où tous les Africains se rencontrent. Et lorsque nous nous rencontrons, il est quasiment difficile de nous identifier en tant que Congolais, Camerounais, etc. Nous nous rencontrons en tant qu'Africains pour précisément lutter et améliorer la situation en Afrique, particulièrement pour construire cette unité africaine.

C'est vous dire qu'effectivement l'on ne se définit pas en tant que Congolais ou Camerounais. Surtout que toutes ces désignations n'ont aucun sens. Elles n'ont en fait aucune réalité, ni historique ni naturelle, de l'Afrique. Mais, ce sont les pesanteurs de l'impérialisme, des intérêts égoïstes des pays assoiffés de domination qui nous ont séparés pour en faire des Camerounais, des Zaïrois, etc.

Donc, par définition, le Centre d'études et de recherches sur les valeurs africaines que le professeur Kote Essome nous a légué ne se définit pas en tant que centre d'études et de recherche au Cameroun, au Sénégal ou au Congo. Il se définit en tant que valeurs africaines. C'est à partir de ces valeurs-là que nous nous définissons et rien d'autre.

Actuellement, est-ce que ces centres sont disséminés à travers l'Afrique ou bien ils ne sont installés qu'en Europe ?

Retenez qu'il est assez laborieux de pouvoir remonter la pente pour aller vers la source. Les valeurs africaines exigent des Africains la détermination, la volonté de pouvoir remonter le courant jusqu'à la source. Et c'est très difficile. Beaucoup restent en cours de route surtout que la plupart préfèrent l'aisance matérielle, le confort philosophique ou intellectuel des autres que d'aller buriner pour arriver précisément à sa propre dignité.

Ce centre se trouve à Paris. Il s'appelle Aciva Cerva. Il existe au Cameroun. Au Congo, frères et amis m'ont fait l'honneur de pouvoir diriger le Centre d'études et de recherches sur les valeurs africaines. Nous avons également le même centre à Abidjan. Il était déjà au Sénégal.

Vous voulez dire que ce centre est partout...

Oui. Le Centre d'études et de recherches sur les valeurs africaines est partout. Partout où ceux qui ont appartenu à ce terreau-là de l'Afrique vont, ils le récréent ; ils le construisent. Puisque nous sommes partis de quelque part, un peu comme les chrétiens ou les enfants d'Israël. Ils sont sortis de l'Egypte pour rentrer chez eux. C'est un peu l'image, mais elle s'arrête là.

C'est-à-dire nous étions quelque part, là où les talons des autres nous écrasaient sur la nuque. Jusqu'aujourd'hui, ils continuent à écraser les Africains. C'est là, au sanctuaire même de la domination, où nous avons pris conscience qu'il fallait absolument, mais inexorablement, nous déterminer, nous décider de retourner dans nos valeurs culturelles. Pour y puiser la force nécessaire pour pouvoir enfin mener un combat différent ; pas un combat d'ordre politicien, économique ou sociologique, mais un combat d'ordre culturel. Cela est d'autant plus vrai que l'aliénation a commencé par la culture. Le reniement, l'acculturation demeure la base même de notre déperdition.

A qui et à quoi voulez-vous faire allusion ?

Les colons sont arrivés ici pour nous coloniser. Ils ont d'abord apporté les armes – à armes égales, on les a battus, ils ont fui. Souvenez-vous des premières conquêtes. Ils n'ont pas résisté. Nous avions nos armes à nous, notre propre génie. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Comprenant bien que nous aimons Dieu, les colons nous ont amené les missionnaires pour nous évangéliser, avec un seul mot : l'amour. Et au nom de l'amour, nous avons cru qu'on avait à faire à de vrais amis, de vrais frères. Or, ils venaient avec la parole d'amour, mais avec un c½ur qui portait autre chose : l'exploitation, la domination. Et c'est par cela que nous avons été aliénés, endormis, envoûtés, ensorcelés...

Pouvez-vous nous donner les grandes lignes de la pensée de Kotto Essome, vous qui êtes son disciple ?

Le maître Kotto Essome a laissé au monde une pensée fondamentale qui s'appelle l'endocentrisme. Pour vous définir l'endocentrisme, il faut partir du fait que le professeur Koto Essome a passé toute sa vie à s'interroger sur la vision du monde. Il a mené des études et des recherches en tant que philosophe, mathématicien, je passe le reste car, il a fait le tour de toutes les études, de toute la formation occidentale. Donc, personne ne peut dire qu'il lui manque ceci ou cela, qu'il n'est pas historien ou qu'il n'est pas anthropologue, etc. Il est à l'égal du professeur Cheik Anta Diop. C'est un monument de la pensée africaine.

Il s'est interrogé constamment sur la vision du monde. Et jusque-là, il a pris la vision du monde des autres, la vision grecque, etc. Nous avons été moulus dans les écoles au travers de ce moule-là de la vision du monde des autres, jusqu'au moment où il s'est rendu compte que l'Afrique avait sa propre vision du monde. Mais cette vision, nous qui sommes de cette génération, nous ne l'avons pas comprise d'abord et elle n'a pas été formalisée. Logiquement on ne peut apprendre à l'école la vision africaine du monde.

Mais pourquoi ?

On vous dira que la vision du monde de l'Afrique, c'est le folklore, la danse, les masques, etc. Donc, on ne prendra que des choses totalement périphériques, tout à fait matérialistes, à savoir ce que les gens ou les yeux voient.

Qu'est-ce que le professeur Kotto Essome a fait ?

Il a dit non. Il fallait pour cela approfondir, rentrer dans le tréfonds même de notre culture. Et quand il est rentré dans le tréfonds, c'est-à-dire dans le souterrain de la culture, il a découvert que l'Afrique a une vision du monde qu'elle a donnée au monde.

Qu'entendez-vous par le mot souterrain ?

Le souterrain, c'est le sacré africain. Nous avons d'autres types de sacré. Chaque peuple a son sacré. L'Europe a son sacré qu'elle a valorisé. Il s'appelle le christianisme. Nos amis arabes ont leur sacré : l'islam avec Mohamed. Les Juifs ont le leur : le judaïsme. Les Indiens, les Hindous, les Asiatiques ont leur sacré : le bouddhisme.

Cela étant, vous pensez que l'Afrique qui est le berceau de l'humanité est complètement dépourvue de son sacré ? C'est aberrant, n'est-ce pas ? L'Afrique est la mère et vous croyez qu'elle n'a pas toutes les qualités pour mettre au monde un enfant ? C'est inimaginable. Si nous sommes le berceau de l'humanité, c'est que tout, naturellement, a commencé en Afrique. C'est ce que le professeur Essome a recherché et il a retrouvé effectivement dans le tréfonds, c'est-à-dire dans le sacré africain, qu'il y avait une vision du monde ; pour mieux faire comprendre cela à nous tous qui avions été à l'école des Blancs et qui détestons l'école des Noirs, celle des ancêtres. Nous détestons cette école des ancêtres parce que les religions nous ont appris que c'était de la sorcellerie, de l'arriération.

Vous savez que les administrateurs nous disaient que si nous étions pauvres c'est parce que nous tenions à nos traditions. Mais, pendant ces temps, ils ne faisaient que constituer des musées chez eux. Ce qu'ils détestent chez nous, ils l'amènent chez eux. Ils amènent nos statues chez eux pour faire des musées de renommée internationale, notamment le musée de Tervuren en Belgique. Tout ce que vous trouvez à Tervuren, statues et masques, vient du Congo, de l'Afrique. Voilà comment les Africains ont été aliénés. Et le professeur Kotto Essome a dit non à tout cela.

Selon vous, quel caractère revêt la lutte du professeur Kotto Essome ?

Certes, il y a eu des luttes à caractère politique, politicien, intellectuel, économique, sociologique, même culturel au sens religieux. Mais, la lutte que le maître Kotto Essome a menée est une lutte du sacré. Une lutte qui consiste en la restauration du sacré, qui redore la civilisation africaine.

Etant donné que cette civilisation a été longtemps occultée, il fallait absolument qu'il y ait un groupe d'hommes et de femmes qui parviennent à comprendre d'abord et à faire comprendre aux autres ce qu'est le sacré africain.

Ce sacré africain se trouve dans le tréfonds.

Comment appréhendez-vous ce tréfonds ?

Le tréfonds africain, c'est l'initiation. Quand vous allez chez les Bapende, on vous parle de « mungonge ». Quand vous allez dans n'importe quelle autre communauté de chez nous, on vous dit qu'un garçon ne peut pas devenir un homme capable de produire, de reproduire si on le circoncit pas. Circonscrire quelqu'un, c'est l'amener dans la forêt, lui apprendre à devenir un homme. C'est ça l'initiation. Et quand il va dans la forêt, c'est pour apprendre à communier avec les animaux, les insectes, les plantes, les arbres, etc. Donc, il s'identifie à l'environnement.

Un Africain qui a été initié dans la forêt, connaît le langage des oiseaux, des animaux. Il connaît la différenciation des animaux. Il sait quelle plante peut soigner un corps s'il est malade. Il cause avec la plante...Ca, c'est le tréfonds. Il n'est pas donné à tout le monde de posséder cela.

En un mot, l'initiation en Afrique apprend aux gens à lire la nature qui est la grande Bible. La grande Bible de l'Afrique c'est la nature. Nous avons une grande bible et une grande bibliothèque qui s'appelle la forêt équatoriale. Et nos ancêtres savaient lire dans cette bibliothèque. Et apprendre aux enfants à lire dans cette bibliothèque s'appelle initiation. Ce n'est pas mystérieux. Ce n'est pas sorcier non plus.

Voilà pourquoi et comment le professeur Essome, ayant compris ces arcanes-là de la lecture de la nature, a compris qu'il existe véritablement une vision du monde de l'Afrique. Il a nommé cette vision l'endocentrisme, c'est-à-dire que l'Africain, lorsqu'il parle à l'arbre, il s'identifie à celui-ci. Il comprend l'arbre non pas en tant qu'élément extérieur à lui, mais en tant qu'élément faisant corps avec lui. L'éducation africaine que nous appelons initiation, nous a appris qu'il faut être en harmonie avec la nature mais aussi avec le visible, l'invisible, avec ce que vous appelez les morts, les ancêtres. Vous ne pouvez pas évacuer les ancêtres de la vision du monde de l'Afrique. C'est impossible. C'est comme si aujourd'hui quelqu'un va dire que le christianisme peut exister sans la résurrection de Jésus Christ. Il n'y aura jamais de christianisme si on nie la résurrection.

C'est tout cela l'endocentrisme de professeur Essome...

Assurément. L'endocentrisme, c'est l'aptitude à saisir le monde de l'intérieur au point de coïncider avec ces pulsations infinitésimales sur la loi du silence, le retour sur soi et le redéploiement de l'énergie cosmique. Cette vision du monde de l'intérieur instaure donc une relation d'affinité, d'harmonie, d'amour entre l'anthrope, la société et son environnement ; le cosmos, le visible et l'invisible. Voilà la pensée fondamentale du professeur Kotto Essome.

Est-ce que vous ne pouvez pas expliciter votre pensée ?

Cela signifie, pour l'Africain, que le monde est constitué en neuf cercles concentriques. Les neuf cercles concentriques sont les sphères d'énergie. Elles commencent par un, le centre. C'est Dieu. Le deuxième cercle c'est les « binzambi », les dieux. Troisième cercle, les génies, les « bilima » comme on dit en lingala ; quatrième cercle, les ancêtres ; cinquième cercle, les hommes parfaits. Le sixième cercle, ce sont les humains ; septième cercle, le règne animal ; huitième cercle, le règne végétal ; neuvième cercle, le règne minéral. Entre ces différentes sphères, circule l'énergie.

Si je dois résumer un tout petit peu, vous comprendrez que le neuvième cercle, c'est l'énergie minérale. Chaque énergie, depuis le minéral jusqu'à l'humain, a sa propre qualification. Chaque cercle a une énergie bien spécifique. L'énergie minérale est une énergie principalement de transmutation, de transformation. Lorsque vous plantez une graine dans la terre, naturellement la graine pourrit et elle se transforme en arbre. C'est l'énergie de la transmutation. Et ceux qui cherchent par exemple l'uranium, ils s'en rendent bien compte parce qu'il y a de fois où l'on dit qu'il n'y a plus d'uranium dans une mine. On disait de Chinkolobwe, en 1950, qu'il n'y avait plus d'uranium, que la mine était vide ; mais quelques années plus tard on s'est rendu compte qu'il y avait encore de l'uranium dans cette mine. Donc, c'est une énergie de transmutation.

L'énergie végétale est par définition une énergie thérapeutique. Thérapeutique, comment et pourquoi ? Parce que d'abord elle soigne. Elle soigne aussi le corps lorsqu'il y a dysfonctionnement, lorsque le corps n'est plus en harmonie avec lui-même. Et la loi de l'harmonie est une loi fondamentale pour l'Afrique.

Vous avez l'animal. Il a une énergie, laquelle ? Une énergie sacrificielle, c'est-à-dire on demande à la partie animale, comme le lion, le léopard, la chèvre, la poule, des sacrifices. Il faut vous sacrifier et particulièrement pour les hommes, il faut sacrifier ce qui est purement animal en vous : la colère, l'égoïsme, tout cela fait partie de l'animal, des instincts de survie, etc...C'est cela qui caractérise l'animal.

Enfin, vous avez l'humain dont l'énergie la plus importante c'est la parole.

Que peut-on retenir à ce sujet ?

En Afrique, pour passer de l'humain à l'homme parfait ou au sage, il faut maîtriser la parole. C'est par la parole qu'on devient effectivement un homme parfait. Pas par autre chose. Ce n'est pas par l'école, l'université ou les diplômes. C'est par la parole vécue, proférée. Dans la culture africaine, la perfection est de cette terre. On n'attend pas le lendemain pour devenir parfait. La perfection se crée. Elle se constitue, se construit ici sur terre. Et c'est à travers la parole, la parole de lumière, la parole d'amour. Alors celui-ci qui, de son vivant, a manifesté l'amour, a vécu cet amour, et transmis cet amour, a enseigné cet amour, cet homme-là qui est un homme parfait, lorsqu'il transite, il passe d'une sphère à l'autre, c'est-à-dire de la sphère des hommes parfaits à la sphère de ceux qui sont invisibles à l'½il nu, il devient ancêtre. Et ne devient pas ancêtre qui veut. Il faut avoir été un homme parfait.

Un exemple d'un homme parfait ?

Vous voulez que j'en cite quelques-uns ? Il y a Simon Kimbangu que vous connaissez. Il y en a d'autres. Simon Kimbangu, de par son vécu, était un homme parfait. De son vivant, il était un homme parfait. Et quand il meurt, ou quand il transite comme nous disons, il devient un ancêtre, mais pas un ancêtre tout simplement du Bas-Congo ou du Congo. Il est ancêtre de toute l'Afrique. C'est cette réappropriation de la dignité africaine que le Centre d'études et de recherches sur les valeurs africaines prône ; donc à partir de là unir l'Afrique. Telle est naturellement la mission de Kotto Essome.

C'est à partir de cela que vous comptez unir l'Afrique ?

Certainement. Unir l'Afrique, non plus à partir de luttes intestines et politiciennes, mais à partir de l'amour, de la culture. Cela est d'autant plus vrai que le professeur Essome considère, et nous considérons avec lui, que le politique, l'économique, le sociologique, etc, ce sont des subséquents du modèle culturel. Il est évident que l'on ne va pas unir l'Afrique en prenant le modèle de l'Union européenne pour avoir l'Union africaine. Dans les c½urs, les Africains ne s'aiment pas. Comment voulez-vous qu'ils construisent l'unité ? Ils ne peuvent pas construire l'unité africaine sur la base du modèle des Européens, des Américains, des Russes ou des Chinois. Il faut aller dans le tréfonds, c'est-à-dire découvrir que l'unité que vous allez créer n'est pas seulement l'unité de vivants, mais c'est aussi l'unité de morts comme vous les appelez, l'unité des ancêtres. Les morts ne sont pas morts. Ils ne vivent pas, mais ils survivent, dit Birago Diop.

C'est bien d'avoir toutes ces pensées. Mais comment voulez-vous changer l'Afrique si toutes ces belles pensées ne sont pas apprises à l'école par nos enfants ?

Je vais tout d'abord vous donner la méthodologie du travail. On nous a beaucoup gâtés par l'école des Blancs par des livres. Beaucoup de livres. Mais personne ne les met en pratique. Combien d'Africains ont étudié chez les Blancs ? Mais les Blancs, eux-mêmes, savent quel livre ils doivent mettre en pratique. Nous, par contre, on avale tout. On est des consommateurs de livres. Mais Cerva c'est un peu différent. Le Cerva a cherché à voir ce qu'il y a d'intéressant, capable de pouvoir répondre au défi de notre temps, qui est aujourd'hui le défi de la communication.

L'Afrique est de la civilisation de la parole et non de l'oralité comme l'ont fait croire les Blancs. Ils soutiennent que les Africains sont de la tradition de l'oralité et de palabres autour du feu ou d'un arbre. C'est faux. Les Blancs n'ont absolument rien compris. Ils ont saisi notre monde de l'extérieur au lieu de le saisir de l'intérieur. Alors, ils nous parlent de la civilisation de l'oralité. Les Africains doivent comprendre qu'ils sont de la civilisation de la parole et les chrétiens ont appris cela : « au commencement était la parole », et cette parole est venue de l'Afrique. On ne peut pas être au berceau de l'humanité et au même moment, Dieu prend la parole et il la donne aux autres. C'est impossible. Comment voulez-vous que nous soyons le berceau de l'humanité et la parole, on va la donner aux Israéliens. Est-ce que c'est compréhensible ?

Mais vous n'avez pas encore répondu à ma question ?

Pour répondre à votre question, le Cerva organise entre autres des séminaires. Nous en avons organisé un, au palais du Peuple en mai 2001, sur les valeurs africaines et la culture de la paix. Naturellement, nous n'avons pas droit à tous les médias. Je pense qu'il faut d'abord que le Cerva utilise les moyens actuels de communication pour communiquer avec l'ensemble de la population, du moins une grande majorité d'entre elle.

Nous avons publié des livres comme « La parole africaine » et « Le Dictionnaire des proverbes africains », mais combien de gens les ont lus ? Ecrire, c'est bien puisque cela permet de fixer les idées avec les gens, mais lorsque nous parlons comme nous le faisons, il y a de millions de gens qui vont nous écouter. Il y en a peut-être qui vont nous contester. C'est une bonne chose parce que de la contradiction naît effectivement la compréhension. Si vous évitez la contradiction c'est que quelque part l'amour ne vous habite pas. Celui qui fuit la contradiction, il n'a qu'un seul c½ur. L'Afrique a compris que l'homme a deux c½urs.

Est-ce qu'on peut penser avec le Cerva la pensée de Kotto Essome peut être disséminée à travers tout le Congo et l'Afrique ?

Absolument, parce que le Centre d'études et de recherches sur les valeurs africaines. Tout ce que nous disons, nous ne l'avons pas appris dans les livres. Ce sont des choses sur lesquelles nous avons fait des recherches, des études. Et pour faire des études, nous nous sommes identifiés à ceux là qui sont dans les villages. Je parcours les villages des environs de Kinshasa : Mitende, Mangengenge, Kinsuka... J'apprends énormément de choses. Mais combien de gens vont faire des recherches dans tous ces villages qui entourent Kinshasa ? Nos frères bateke m'ont appris beaucoup de choses sur Kinshasa. Savez-vous ce que veut dire Ngobila ? Savez-vous ce que veut dire Kinshasa ? C'est un génie. Vous ne pouvez pas faire n'importe quoi à Kinshasa. Quand il ne veut pas, vous ne faites rien...

Ebenezer Kotto Essome décrit ainsi le résul­tat actuel de ce partage colonial :

"Les 52 Etats, nés pour la plupart de la grande décolonisation des années 60 n'ont "trouvé" leurs frontières ni dans les configurations des aires socio-cultu­relIes, ni dans le tracé des régions géographiques naturelles, ni dans la genèse de l'histoire du continent, mais seulement dans l'histoire européenne du XIXe siècle. Bref, ces frontières autour desquelles se développent chaque jour des conflits ne sont que l'héritage du jeu des chancelleries européennes du XIXe siècle" .

Ebenezer Kotto Essome : L'Afrique ou l'identité perdue, revue science et vie, Juillet 1978. n° 730






Par Freddy mulumba kabuayi

# Posté le mercredi 05 novembre 2008 14:33

Modifié le mardi 11 novembre 2008 11:19

Kotto Essome : l'homme et son rêve d'Afrique

Kotto Essome : l’homme et son rêve d’Afrique

Pour donner une idée globale de la place du camerounais Kotto Essome dans la vie intellectuelle africaine, il convient de dire qu'il est aux recherches philosophico-spirituelles de notre continent ce que Cheikh Anta Diop y est aux sciences humaines, Nelson Mandela à la politique et Oscar Bimwenyi-Kweshi à la théologie africaine. Cet homme a été un inépuisable semeur d'idées, un défricheur de nouveaux champs de recherche et d'action, un fondateur d'école de pensée et un Maître de la sagesse et du savoir.


Mort trop tôt pour pouvoi
r donner toute la mesure de son intelligence et de son imagination spéculative, il a juste eu le temps de donner à voir les grandes orientations de pensée et d'action que ses disciples développent aujourd'hui encore avec ardeur et opiniâtreté.

L'homme av
ait quelque chose d'un gourou fascinant. Après s'être spécialisé en logique formelle et en épistémologie, il avait acquis la stature de grand maître du savoir, de grande référence intellectuelle pour les jeunes africains qui fréquentaient les universités françaises dans les années 60-70. Habitué aux cercles élitistes de la Sorbonne et aux grands débats théoriques dont la France post-coloniale était devenue le centre après Mai 68, il s'était peu à peu intégré dans la franc-maçonnerie française où des dons exceptionnels promettaient une longue et fulgurante carrière dans la « bonne société» occidentale et plus tard, sans doute, dans la nouvelle élite dirigeante de l'Afrique post-coloniale.

UNE AMBITION POLI
TIQUE A DIMENSION PANAFRICAINE
Conscient de ses at
outs et des horizons qu'ils lui ouvraient, Kotto Essome nourrissait une ambition politique à dimension panafricaine et se préparait à en poser les bases théoriques et stratégiques quand la mort l'a fauché. Seuls ses disciples les plus proches ont su en ce moment-là que l'Afrique venait de perdre une personnalité de génie dont il fallait perpétuer le souffle et la puissance d'esprit.

Ils ont recueilli ses
écrits, ont rassemblé ses dires et se sont organisés dans un mouvement socio-culturel et politico-spirituel qu'animent le Cercle de recherche sur les valeurs africaines (CERVA) dont les figures de proue (Martin Mansonsa-wa-Mansonsa, Athanase Matungulu Kaba, Ntoh-Ntoh et Cabakulu Mwamba), aujourd'hui dispersés en Afrique, sont à pied d'½uvre dans la recherche égyptologique africaine.

L'idée centrale de Kot
to Essome a été de rassembler, dans un seul et même sillon, les trois dynamiques directrices de sa personnalité profonde: - une approche rigoureuse des problèmes sociaux et spirituels de l'Afrique, dans le but d'y apporter des réponses décisives pour sortir de la crise et inventer l'avenir. - une volonté de connaissance approfondie des dynamiques des sociétés secrètes et des organisations occultes ou semi-occultes du monde occidental inspirées par la foi chrétienne comme arme de domination du monde; - une volonté politique d'organiser les Africains pour une action commune d'envergure, capable de changer la vie et la destinée du continent.

Ces trois élémen
ts ont conduit le philosophe camerounais à se donner une certaine image du christianisme dans son destin en Occident et dans le rôle qu'il a joué en Afrique.
Kotto Essome et ses
disciples ont construit cette image à partir des faits indubitables visibles dans l'Afrique post-coloniale: - l'aliénation massive des élites dirigeantes qui ont donné leur âme à l'Occident et à la foi chrétienne telle que l'Occident l'a théorisée à leur intention dans l'espace colonial de la mission chrétienne; - l'incapacité des peuples africains de se libérer de la domination occidentale dont leurs pays sont victimes dans les champs économique, politique, social, culturel, et spirituel; - la crise généralisée qui paralyse les énergies d'inventivité et de la créativité pour bâtir une nouvelle société; - le sentiment de fatalité et de démobilisation dont souffre l'Afrique au moment où elle a besoin d'une dynamique profonde de confiance en elle-même face à l'avenir.

C'est pour aff
ronter ces faits nuisibles à la société africaine que Kotto Essome s'est attaché à étudier les énergies qui donnent à un peuple la puissance nécessaire à la bataille de la libération et du développement.


LA PLACE DE LA CONNAISS
ANCE RELIGIEUSE
Analysant
l'expérience du monde occidental dont il a maîtrisé les arcanes théorique et pratiques, le philosophe camerounais met en lumière la place centrale de la connaissance et de l'organisation religieuse dans l'histoire de l'Occident. Une histoire où les mouvements ésotériques et les institutions ont constitué un arrière-fond créateur dont les exotériques des églises et de leur mission sont l'autre face d'une même réalité. Même lorsque la société se laïcise et se libère apparemment du joug de la religion, elle reste profondément structurée par des valeurs, des forces et des énergie dont les dynamiques sont ancrées dans la foi au destin de l'homme, c'est-à-dire à sa capacité de dominer le monde dans sa totalité.
Par son expérience de la franc-maçonnerie occidentale, Kotto Essome a compris que l'arme du religieux s'utilise même dans un monde laïcisé : elle prend la forme d'une volonté de domination et d'organisation qui fait la force de l'Occident. De là le constat établi par le philosophe camerounais : un peuple qui veut un grand destin dans le monde doit enraciner son action dans une foi fondamentale en des énergies spirituelles qui constituent son identité profonde.


PUISER DANS L'EGYP
TE PHARAONIQUE
En quoi c
onstituent ces énergies pour l'Afrique actuelle ? La réponse de Katto Essome est sans équivoque: dans la redécouverte des forces spirituelles profondes de l'Egypte pharaonique, fondement de la religion africaine.

L'intention ici
est d'entrer dans l'univers spirituel pharaonique pour y puiser l'énergétique nécessaire à la créativité, à la libération et à la renaissance de l'Afrique.
De même que l'être spi
rituel de l'Occident est fondé sur la foi en Jésus-Christ qui s'est sacralisée à travers les organisations comme les églises, puis laïcisée dans des divers ordres de réflexion et d'action sociale, l'être spirituel de l'Mrique aura à se fonder sur l'énergie d'Osiris comme centre d'une dynamique globale de créativité. Une dynamique que les Africains devront incarner dans la force des institutions sociales et des organisations secrètes d'inspiration pharaonique.
Le couple Christ-Osir
is mérite une précision conceptuelle. Aux yeux de Kotto Essome, il s'agit, non pas des êtres à définir selon une analyse historico-critique de leur existence et de leur message, mais plutôt des foyers énergétiques dont l'ambition essentielle est de changer le monde et la société.
Le foyer Christ, c'est la divinisation de l'homme et l'humanisation de Dieu selon une économie complexe qui intègre toutes les dimensions de la vie, en vue de la domination spirituelle et matérielle de la réalité. L'intelligence occidentale du christianisme s'organise autour de ce foyer dont la logique ultime conduira à l'idée de mission civilisatrice et d'expansion du christianisme jusqu'aux confins de la terre. Dans un tel foyer énergétique, il ne faut pas s'étonner de voir la puissance de divinisation de l'homme et de l'humanisation de Dieu dégénérer en un projet colonial ou néo-colonial dont l'Afrique a été victime dans sa relation avec le monde Occidental. Mise au service d'une culture et d'une civilisation dont l'ambition est d'être le phare de l'humanité, cette puissance ne pouvait qu'être subvertie en dynamique de domination et d'asservissement des peuples.
Dans le but de c
ontrer les forces négatives de cette dégénérescence, l'Afrique est appelée à lui opposer son propre foyer énergétique : la figure d'Osiris. Historiquement connu comme un roi conquérant venu des régions soudanaises pour fonder un empire dans le delta du Nil, Osiris a, en même temps, un Statut divin de Dieu-Ancêtre, celui grâce à qui l'humanité tout entière accède à la civilisation», pour reprendre le mot d'Essoh Ngome. Plus profondément, sa figurée sert de principe d'être dans une vision du monde où le visible et l'invisible, l'homme et l'environnement, le passé et l'avenir, la vie et la mort, le mâle et la femelle, l'intériorité et l'extériorité, sont en équilibre constant et en harmonie relationnelle permanente. Dans la mesure où ce principe d'équilibre et d'harmonie est au fondement de la vision pharaonique, et donc africaine du monde, il constitue l'humus spirituel de la vie pour les Africains aujourd'hui.


LIBERER LE CONTINENT

Mais le plus important p
our 1'Afrique n'est pas la redécouverte de ce principe. C'est plutôt son incarnation concrète dans une structure de personnalité et dans les institutions socio-politiques capables de libérer le continent des maux dont il souffre et qui anémient son énergie créatrice.
La création d
'une personnalité et d'une société «osirisiennes », tel est l'horizon ultime de la pensée de Kotto Essome.
D'un point de vue th
éologique et christologique, cette pensée a donné lieu à trois interprétations divergentes sur les relations entre le christianisme et le néo-pharaonisme africain. - La première interprétation prône une opposition radicale entre l'Afrique et la figure du Christ telle qu'elle a servi de foyer énergétique à l'Occident colonisateur et néo-colonisateur. Rompre avec ce Christ, revient, en fait, à abandonner la foi chrétienne dans son projet occidental pour refonder l'Afrique sur les valeurs spirituelles « osirisiennes ». Beaucoup de membres du Cercle de recherches sur les valeurs africaines (CERVA) s'inscrivent dans cette mouvance de la rupture. La compromission du Christ avec l'Occident est telle, à leurs yeux, qu'il n'est pas utile, pour l'Afrique, de bâtir sa foi en l'avenir sur cette figure du Messie. - La deuxième interprétation consiste à mettre le principe Christ et le principe Osiris en dialogue. Cela revient à dissocier la personnalité et le message du Christ de leur reprise philosophique, théologique, sociologique, spirituelle et même militaire par l'Occident. L'historien F. Kange Ewane se situe dans cette perspective du dialogue lucide avec l'Evangile de Jésus-Christ. Il refuse de jeter le bébé avec l'eau du bain, selon l'expression de la sagesse populaire. - La troisième interprétation consiste à vouloir intégrer la figure du Christ et l'ensemble de son enseignement dans la figure d'Osiris comme fondement du néo-pharaonisme spirituel. Dans cette perspective, le Christ, c'est Osiris mal digéré par l'Occident, Osiris enchaîné par une culture à laquelle il convient maintenant d'expliquer son sens véritable. C'est le fond de la pensée de H. Essoh Ngome.
Ac
tuellement, toutes ces interprétations des idées de Kotto Essome ont cours dans les cercles d'études égyptologiques en Afrique. Elles servent de base aux lectures théologiques que la galaxie néo-pharaonique africaine fait de la figure de Jésus de Nazareth, de son rôle et de son héritage dans notre continent.



(Philosophe et théologien congolais
Ka Mana
)

# Posté le lundi 28 mai 2007 17:06

..



« Je me suppose donc arrivé en Afrique, et entouré de nègres, de Hottentots, et d'autres animaux. Je remarque d'abord que. les organes de la vie sont les mêmes chez eux tous; les opérations de leurs corps partent toutes des mêmes principes de vie; ils ont tous à mes yeux mêmes désirs, mêmes passions, mêmes besoins; ils les expriment tous, chacun dans leurs langues. La langue que j'entends la première est celle des animaux, cela ne peut être autrement; les sons par lesquels ils s'expriment ne semblent point arbitraires, ce sont des caractères vivants de leurs passions; ces signes portent l'empreinte de ce qu'ils expriment: le cri d'un chien qui demande à manger, joint à toutes ses attitudes, a une relation sensible à son objet; je le distingue incontinent des cris et des mouvements par lesquels il flatte un autre animal, de ceux avec lesquels il chasse, et de ceux par lesquels il se plaint; je discerne encore si sa plainteo exprime l'anxiété de la solitude, ou la douleur d'une blessure, ou les impatiences de l'amour. Ainsi, avec un peu d'attention, j'entends le langage de tous les animaux ; ils n'ont aucun sentiment qu'ils n'expriment : peut-être n'en est-il pas de même de leurs idées ; mais comme il paraît que la nature ne leur a donné que peu d'idées, il me semble aussi qu'il était naturel qu'ils eussent un langage borne, proportionné à leurs perceptions.
Que rencontré-je de différent dans les animaux nègres? Qui, puis je y voir, sinon quelques idées et quelques combinaisons de plus dans leur tête, exprimées par un langage différemment articulé ? Plus j'examine tous ces êtres, plus je dois soupçonner que ce sont des espèces différentes d'un même genre. Cette admirable faculté de retenir des idées leur est commune à tous ; ils ont tous des songes et des images faibles, pendant le sommeil, des idées qu'ils ont reçues en veillant ; leur faculté sentante et pensante croît avec leurs organes, et s'affaiblit avec eux, périt avec eux. Que l'on verse le sang d'un singe et d'un nègre ... ils meurent.Les Blancs sont supérieurs à ces Nègres, comme les Nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres. »

Voltaire ( in "Traité de Métaphysique". Cité in "Le Choc du mois" n°25, p.31)

« Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu'ils doivent point cette différence à leur climat, c'est que des Nègres et des Négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu'une race bâtarde d'un noir et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une noire. »
Voltaire ("Essai sur les moeurs". Cité in id.)

« La nature a subordonné à ce principe ces différents degrés et ces caractères des nations, qu'on voit si rarement se changer. C'est par là que les Nègres sont les esclaves des autres hommes. On les achète sur les côtes d'Afrique comme des bêtes. »
Voltaire ("Essai sur les moeurs". Cité in id.)

« La race des Nègres est une espèce d'hommes différente de la nôtre [...] on peut dire que si leur intelligence n'est pas d'une autre espèce que notre entendement, elle est très inférieure. Ils ne sont pas capables d'une grande attention, ils combinent peu et ne paraissent faits ni pour les avantages, ni pour les abus de notre philosophie. Ils sont originaires de cette partie de l'Afrique comme les éléphants et les singes ; ils se croient nés en Guinée pour être vendus aux Blancs et pour les servir. »
Voltaire ("Essai sur les moeurs", Genève, 1755, t.XVI, p.269-270)

« Je suspecte les Nègres et en général les autres espèces humaines d'être naturellement inférieurs à la race blanche. Il n'y a jamais eu de nation civilisée d'une autre couleur que la couleur blanche, ni d'individu illustre par ses actions ou par sa capacité de réflexion... Il n'y a chez eux ni engins manufacturés, ni art, ni science. Sans faire mention de nos colonies, il y a des Nègres esclaves dispersés à travers l'Europe, on n'a jamais découvert chez eux le moindre signe d'intelligence »
David Hume (1711-1776), économiste anglais influent écrivit à son époque (dans "Sur les caractères nationaux, Vol III")

« J'incline à penser que les nègres, et en général toutes les autres espèces d'hommes sont naturellement inférieurs aux blancs. Il n'y eut jamais une nation civilisée d'une couleur de peau autre que blanche, ni même aucun individu éminent, que ce soit dans le domaine de l'action ou de l'esprit. »
David Hume (philosophe anglais) (Popkin, 1974)

« La nature n'a doté le nègre d'Afrique d'aucun sentiment qui ne s'élève au-dessus de la niaiserie(...) Les Noirs (...) sont si bavards qu'il faut les séparer et les disperser à coups de bâton ».
Emmanuel Kant (1724-1804) (dans "Essai sur les maladies de la tête, Observation sur le sentiment du beau et du sublime, éd. Flammarion, 1990")

« La race nègre est confinée au midi de l'Atlas, son teint est noir, ses cheveux crépus, son crâne comprimé et son nez écrasé ; son museau saillant et ses grosses lèvres la rapprochent manifestement des singes : les peuplades qui la composent sont toujours restées barbares (...) la plus dégradée des races humaines, dont les formes s'approchent le plus de la brute, et dont l'intelligence ne s'est élevée nulle part au point d'arriver à un gouvernement régulier. »
Le zoologiste, G. Cuvier (dans "Recherches sur les ossements fossiles, Volume 1, Paris, Deterville, 1812)

« Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :
Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique pour s'en servir à défricher tant de terres.
Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre.
On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir. Il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité, que les peuples d'Asie qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu'ils ont avec nous d'une façon plus marquée.
On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d'une si grande conséquence qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.
Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez des nations policées, est d'une si grande conséquence.
Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.
De petits esprits exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains. Car, si elle était telle qu'ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ? » »

Montesquieu (dans "L'esprit des Lois") en 1748 :

« Les Africains, en revanche, ne sont pas encore parvenus à cette reconnaissance de l'universel. Leur nature est le repliement en soi. Ce que nous appelons religion, état, réalité existant en soi et pour soi, valable absolument, tout cela n'existe pas encore pour eux. Les abondantes relations des missionnaires mettent ce fait hors de doute(...) Ce qui caractérise en effet les nègres, c'est précisément que leur conscience n'est pas parvenue à la contemplation d'une objectivité solide, comme par exemple Dieu, la loi, à laquelle puisse adhérer la volonté de l'homme, et par laquelle il puisse parvenir à l'intuition de sa propre essence" et de continuer en disant que l'Afrique est "un monde anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l'esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l'histoire de l'universel »
Hegel (dans "La raison dans l'histoire, Paris, Plon, 1965") :

« La nature a fait une race d'ouvrier, c'est la race chinoise (...) une race de travailleur de la terre, c'est le nègre (...) une race de maîtres et de soldats, c'est la race européenne. » Ernest Renan (dans "le Discours sur la nation")

« Je suis donc amené à penser, mais ce n'est là qu'un sentiment, que les noirs, qu'ils forment une race distincte ou qu'ils aient subi une séparation due au temps et aux circonstances, sont inférieurs aux blancs quant au corps et à l'esprit »
Thomas Jefferson président des USA (in Gossett, 1965, p.44)

« L'égalité des noirs ! Balivernes ! Pendant combien de temps encore, sous le gouvernement d'un Dieu assez grand pour créer et diriger l'univers, y aura-t-il des fripons pour colporter, et des imbéciles pour reprendre, des propos d'une démagogie aussi basse. »
Abraham Lincoln, président des USA (in Sinkler, 1972, p.47)

« Le cerveau du Bochiman [...] mène à celui des Simiadae (les singes). Cela implique une liaison entre le défaut d'intelligence et l'assimilation structurelle. Chaque race d'Homme a sa place, comme les animaux inférieurs »
Charles Lyell (fondateur de la géologie scientifique) (in Wilson, 1970)

« Les traits de caractères intellectuel du sauvage ... se retrouvent chez l'enfant civilisé. »
Cité par Jay Gould, la mal mesure de l'homme, 1983 Herbert Spencer (un Darwiniste)

« Ô Blanc, reprends ton lourd fardeau Mande au loin ta plus forte race Mets en exil tes fils, plutôt, Pour servir ton captif fugace, Afin qu'en lourd harnois il serve La gent sauvage au c½ur mouvant, Fraîche conquise, sombre et serve, - Mi-diable, et mi-enfant »
Rudyard Kipling (le fardeau du Blanc, 1899) : (traduction Jules Castier)

« Les hommes de couleurs furent, pour la moyenne de tous les tests, en retard d'environ deux ans sur les blancs ; leur infériorité apparut dans tous les tests ... »
Charles Spearman (éminent spécialiste de l'intelligence ( ????)) Army mental tests, 1936

« Il faudrait pour la préservation de la race, être attentif à une élimination des êtres moralement inférieurs encore plus sévère qu'elle ne l'est aujourd'hui ... nous devons, et nous en avons le droit, nous fier aux meilleurs d'entre nous et les charger de faire la sélection qui déterminera la prospérité ou l'anéantissement de notre peuple »
Lorenz (prix Nobel de physiologie de médecine en 1973)

« L'infériorité intellectuelle des noirs est génétique. Le nombre de gènes de l'intelligence chez les Noirs est inférieur à celui des Blancs. »
Arthur R. Jensen (généticien dans les années 1970 !)

A demandé à l'académie des sciences américaines « que des recherches soient entreprises pour déterminer l'influence de la forte natalité des Noirs sur la qualité de la population américaine et propose de stériliser ceux qui ont un QI inférieur à 100 »
Shockley (prix Nobel de physique 19 ??)

Eugénisme : Science de l'amélioration de la race , qui ne se borne nullement aux questions d'unions judicieuses, mais qui, particulièrement dans le cas de l'homme, s'occupe de toutes les influences susceptibles de donner aux races les mieux douées un plus grand nombre de chances de prévaloir sur les races les moins bonnes.
Francis Galton (1883, fondateur de l'eugénisme scientifique)

« Après l'élimination des races inférieures, le premier pas dans la voie de la sélection, c'est l'élimination des anormaux ... On va me traiter de monstre parce que je préfère les enfants sains aux enfants tarés ... Ce qui fait l'homme c'est l'intelligence. Une masse de chair humaine, sans intelligence, ce n'est rien ... »
Charles Richet (1850-1935, Prix Nobel de médecine et physiologie 1913, Sélection humaine 1919)

« Aucun gouvernement démocratique ne pourra jamais marcher en Afrique. »
Bertrand Russell (1872-1970, mathématicien) (Cité par Paul Johnson, le grand mensonge des intellectuels)

« Les Fangs, que les Français nomment Pahouins, ont envahi ces régions dépeuplées ; ce sont des anthropophages venus de l'intérieur, et que la civilisation n'a encore guère atteints. Sans l'intervention opportune des Européens, ce peuple guerrier aurait dévoré les anciennes tribus du Bas-Ogooué. ... parlant des noirs en général ...
L'Européen ne saura jamais à quel point est effroyable la vie de ces malheureux qui passent leur temps dans la crainte des sortilèges dirigés contre eux. Seuls, ceux qui ont vu cette misère de près comprennent que c'est un devoir d'humanité d'enseigner aux peuples primitifs une autre conception du monde et de la vie, pour les délivrer de ces croyances funestes. ... Quant à l'effort intellectuel que représentent les conquêtes techniques, l'indigène n'est pas capable de l'évaluer. Mais quand il a affaire à un blanc, il sent avec une intuition infaillible si celui-ci est une personnalité, une personnalité morale... le primitif ne connaît que des jugements de valeurs élémentaires ... quand il rencontre la bonté unie à la justice et à la véracité, la dignité intérieur derrière la dignité extérieure, il s'incline et reconnaît son maître ... »

Albert Schweitzer (prix Nobel de la paix, médecin au Gabon, dans 'A l'orée de la forêt vierge' 1952)

« Je vous défie de soutenir jusqu'au bout votre thèse qui repose sur l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures. » Jules Ferry (1832-1893 ; Débats parlementaires du 28 juillet 1885)

« La colonisation en grand est une nécessité politique tout à fait de premier ordre ... La conquête d'un pays de race inférieure par une race supérieure n'a rien de choquant ... »
Ernest Renan (1823-1892 ; La réforme intellectuelle et morale 1871)

« Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures »
Jules Ferry.

« En Afrique les filles foisonnent, mais elles sont toutes aussi malfaisantes et pourries que le liquide fangeux des puits sahariens »
Guy de Maupassant.

« Lorsque les Nègres sont échauffés, il se dégage de leur peau une exsudation huileuse et noirâtre qui tache le linge et répand une odeur désagréable. »
Grand dictionnaire universel du XIXème siècle au chapitre "Nègre".

Les causes de l'infériorité du nègre : « La principale de ces circonstances est assurément la privation de la lumière du Christ et même de tout reflet de cette lumière, qui a permis à l'Esprit mauvais de s'établir en maître, sur cette terre déshéritée de l'Afrique ... Les Noirs sont de temps immémorial livrés sans contrôle à un sensualisme abject, à la cruauté, au mensonge. (...) Les nègres aujourd'hui vivent sous l'influence corruptrice de tant de générations impures qu'il serait étonnant de les trouver aptes à une haute civilisation morale immédiate »
J. Teilhard de Chardin (Théologien) La Guinée supérieure et ses missions, Hollande, Keer-Lez-Maastricht, 18888, p.88. (Sa doctrine est enseignée dans les séminaires en Afrique)

« Il me semble voir un Bambara assistant à l'exécution d'un des airs qui lui plaisent. Son visage s'enflamme, ses yeux brillent. Il rit, et sa large bouche montre, étincelante au milieu de sa face ténébreuse, ses dents blanches et aiguës. La jouissance vient ... Des sons inarticulés font effort pour sortir de sa gorge, que comprime la passion ; de grosses larmes roulent sur ses joues proéminentes ; encore un moment, il va crier : la musique cesse, il est accablé de fatigue. ... Le nègre possède au plus haut degré la faculté sensuelle sans laquelle il n'y a pas d'art possible ; et, d'autre part, l'absence des aptitudes intellectuelles le rend complètement impropre à la culture de l'art, même l'appréciation de ce que cette noble application de l'intelligence des humains peut produire d'élevé. Pour mettre ses facultés en valeurs, il faut qu'il s'allie avec une race différemment douée ... »
Comte de Gobineau : ( Essai sur l'inégalité des races humaines, livre II, chap. VII, 1er édition 1855 )

« L'achat des nègres aux côtes d'Afrique, pour les transférer et revendre ensuite dans les possessions de l'Amérique, est-il un commerce légitime et peut-on le faire en conscience ? ... La formulation de la question dont on vient de parler dépend d'un point de vue principal, il consiste à savoir si on peut légitimement avoir en sa possession des esclaves et les retenir en servitude, En effet, une fois bien prouvé qu'on peut légitimement en avoir et s'en servir : il demeure hors de doute, que l'on peut en acheter et en vendre ... A cette dernière question, je réponds que l'on peut licitement avoir des esclaves et s'en servir ; cette possession et ce service ne sont ni contraires à la loi naturelle, ni à la loi Divine écrite, ni même à la loi de l'Évangile. »
Bellon de Saint-Quentin, théologien, docteur de la Sorbonne Bellon de Saint-Quentin, Dissertation sur la traite et le commerce des nègres, Paris Hachette (cité par Alphonse Quenum (prêtre catholique béninois) Les Eglises chrétiennes et la traite atlantique du Xve au XIX siècle, ed. Karthala).

« Tout sentiment d'honneur et d'humanité est inconnu à ces barbares...Point de raisonnement chez les nègres, point d'esprit, point d'aptitude à aucune sorte d'étude abstraite...Leur naturel est pervers... »
Rousselot de Surgy

« Par le métissage, le sang noir attaquerait en France jusqu'au c½ur de la nation en déformant les traits et en brunissant le teint »
Deslozières ( Les égarements du Négrophilisme )

« La plus stupide, la plus perverse, la plus sanglante des races humaines », « Aucun progrès, aucune invention, aucun désir de savoir, aucune pitié, aucun sentiment » , « La couleur noire, la couleur des ténèbres est vraiment le signe de leur dépravation ».
Michiels (La vie des nègres en Afrique)

« Condamner un état qui pratique l'esclavage, ce serait condamner le Saint Esprit qui ordonne aux esclaves par la bouche de Saint Paul de demeurer dans leur état, et n'oblige point les maîtres à les affranchir »
Bossuet (Avertissement aux protestants)

« Quelle terre que cette Afrique ! L'Asie a son histoire, l'Australie elle-même a son histoire qui date du commencement dans la mémoire humaine : L'Afrique n'a pas d'histoire »
Victor Hugo (Discours le 18 mai 1879

« Nous avons un devoir moral envers ces peuples... C'EST NOUS QUI LEUR AVONS APPORTE LA CIVILISATION»
Edouard Balladur (1994 au cours d'une émission télévisée ... quelques temps après le début des massacres au Rwanda)

# Posté le dimanche 29 octobre 2006 07:39

Modifié le mercredi 01 novembre 2006 11:24

Keyna... Shona... Les NaNa's Joyce

Keyna... Shona... Les NaNa's Joyce

# Posté le samedi 21 octobre 2006 14:11

Modifié le mercredi 23 mai 2007 00:41

Mon é



R o m e . . . f i e s t a . . . c o u c h e s d e b é b é . . .

p l e u r e s . . . r i r e s . . . p l u i e . . .

p a r o l e s d ' a m o u r . . . P a r i s ...

b i g s h o p . . . a f r o . . . t é l é . . . r é f l é x i o n . . .

d o u t e . . . n o s t a l g i e . . .

s p o r t . . . t r a i n . . . c a p r i c e s . . . b o u q u i n s . . .

s t r e s s ... e x a m s . . . r a g e . . . d é c e p t i o n ...

L o u v a i n . . . s o l e i l . . . f e s t i v a l s . . . r é g i m e . . .

e f f e t y o y o . . . m u s i q u e . . . f a m i l l e . . .

b i s o u s . . . a m i s . . . a f f e c t i o n . . . r u i n e s ... c al i n s . . .

a v i o n . . . v o i tu r e s . . . v i l l e s . . . c o n f u s i o n . . .

n u - s o u l . . . e n v i e . . . b i k i n i . . .

c o u l e u r s . . . j o i e d e v i v r e . . . a t t e n t e . . .











E t ... l a . . . n a i s s a n c e . . . d ' u n e . . . p e t i t e . . . c r e v e t t e . .
S h o n a . . . J o y c e . . . R o s e .


# Posté le lundi 25 septembre 2006 17:23

Modifié le mardi 11 novembre 2008 09:04